.. Ca te tombe sur le coin de la gueule sans crier gare.
Patrick Park - Something Pretty
Résumons, 320¤ pour la semaine dernière..
Toute personne normalement constituée serait un minimum heureuse sans doute, mais bizarrement, je ne sais même pas ce que je vais en faire de cet argent!
Le permis? Bah, c'est bien beau de l'avoir, mais après faut peut-être une voiture non?
Parce que bon, j'ai rien contre la voiture de papa-maman mais quitte à être indépendante, autant l'être vraiment.
Puis quoi? L'essence, l'assurance! Suis pas encore riche à ce point que je sache.
Puis, étant donné que j'ai pas l'intention de travailler en même temps que la fac, autant abandonner l'idée du permis, je vais faire sans...
(comme quoi RER, Métro, bus, vous êtes mes plus fidèles amis lool)
Passons à autre chose, ce qui me motive vraiment à écrire ce matin.
Aujourd'hui, ça fait deux ans que notre couple existe.
Deux années durant lesquelles nous avons connu autant de hauts extraordinaires (voire magiques) que de bas apocalyptiques..
Relation en dents de scie, ou à l'image des montagnes russes.
Nous avons appris à nous connaitre, à nous aimer chaque jour un peu plus, à faire avec les défauts de l'autre et finalement à les aimer aussi.
Un jour, tu m'as demandé "tu m'aimeras toujours?"
Ce jour-là, je t'aimais plus que je n'aimerai sans doute jamais plus, pourtant (et en dépit de ma lâcheté légendaire) ma réponse, "je ne sais pas" a sûrement dû briser quelque chose.
A travers nos conversations sans fin, nous discutions de tout et de rien.
Au lieu de se dire "je t'aime" "moi aussi je t'aime", nous nous étions interdit de prononcer le "moi aussi"..
Chaque jour tu te battais pour me prouver que tu m'aimais plus que moi je ne t'aimais.. je faisais pareil de mon côté.
Nous nous parlions tous les soirs, sans exception, 3h durant.
En dépit de cela, nous entretenions une correspondance, par lettres, des plus régulières.
Mais avant, la première rencontre.
Cela faisait quelques temps déjà que nous discutions au téléphone.
Ta voix m'avait charmée, ta conversation, ton rire et ta mentalité avaient donc eu raison de moi en très peu de temps.
Nous avons fixé une date.
Tu as pris l'avion pour la première fois de ta vie pour venir me voir.
Pendant des heures et des heures, nous nous disions que cela ne marcherait pas, que l'attirance ne serait pas au rendez-vous..
Je sais que tu ne liras sans doute jamais ces mots mais lorsque je t'ai vue, dans le hall, ce fameux vendredi soir, j'ai su que j'allais t'aimer encore plus, et ce de la plus belle des manières.
Je t'ai serrée dans mes bras, je t'ai dit que tout allait bien, que j'étais là.. et tu as commencé à pleurer tout en souriant.
Nous avons pris le bus mais nous ne parlions pas, si ce n'est pour nous dire des banalités "beurk, il fait pas beau chez toi.." "attends, t'as pas encore vu en décembre alors hein"
Difficile de trouver un sujet de conversation quand on pense les avoir tous traités au téléphone.
Difficile de trouver quelque chose d'autre à dire quand on pense s'être déjà tellement dit au téléphone.
Sa mère l'appelle, elle ne raccrochera que lorsque nous arriverons à proximité du RER.
C'est lorsque nous arrivons à Gare du Nord que l'inattendu se produit.
Nous marchons et elle pense apercevoir une sortie.
Un escalier semble nous en séparer.
Nous commençons donc à monter et au premier palier, je m'arrête.
Elle s'arrête aussi.
Je lui prends les mains, tout en la regardant dans les yeux (ses yeux si beaux).
Je m'approche lentement de son visage et elle vient déposer ses lèvres sur les miennes.
Nos bouches s'entrouvrent et nos langues viennent à se toucher, à se découvrir, pour la première fois.
Je pense que nous avons vécu, ce jour-là, un des moments les plus intenses de notre histoire.
La première année, riche en souvenirs, en confessions, en concessions, j'ai appris à te faire confiance.
Je me suis donnée comme à personne d'autre avant toi.
Je t'ai donné plus d'amour que je ne m'en pensais capable.
Tu m'as appris à aimer, aimer vraiment.
Depuis, il n'a jamais été question pour moi de me montrer infidèle à ton égard, de te mentir ou encore de te manquer de respect à travers mes propos ou mes gestes, quels qu'ils soient.
Entre nous, jamais un mot plus haut que l'autre, jamais un mot irrespectueux, ce même lors des grosses engueulades sans fin au cours desquelles nous nous évertuions à nous cracher les pires saloperies à la gueule.. tout ça dans le respect le plus total.
Comme je l'ai dit plus haut, nous avons parlé de tout et de n'importe quoi au téléphone.
Au jour d'aujourd'hui, à notre actif, plus de 3000 heures de communication..
Et un jour, nous avons parlé de la notion de confiance.
Je t'ai toujours fait confiance, même dans les situations les plus douteuses. Confiance aveugle, confiance venant de l'amour.
Lors de cette discussion je t'ai clairement fait comprendre que le jour où tu viendrais à faire le moindre faux pas, je te quitterais immédiatement, ce peu importe l'amour que je te porte. "la confiance se perd en litres et se gagne en gouttes"
Nous étions toutes les deux d'accord.
Un jour, quelques mois plus tard, j'apprends de la bouche de ta meilleure amie que tu as dit "je t'aime" à un autre, sans pour autant qu'il ne se passe quoi que ce soit.
Ce jour-là, je dois bien avouer que quelque chose m'a quittée pour ne plus jamais revenir.
Ma confiance aveugle, l'envie de se donner entièrement à quelqu'un.
Lorsque je t'ai demandé de m'expliquer, les larmes, cris et sanglots ne quittaient plus ta voix.
Tu marmonais et bafouillais ces mots qu'aujourd'hui encore, je ne comprends pas.
Tu m'en voulais, tu voulais te venger de moi.
Pourquoi? Parce que j'étais allée à la patinoire avec une fille lesbienne.
Bien sûr qu'il aurait pu se passer quelque chose, mais il ne s'est rien passé, je t'aimais bien trop pour ça, sans doute ne t'en rendais-tu pas compte.
Toute une soirée durant, tu t'expliques, tu pleures.
A quoi bon expliquer ou chercher à justifier ce qui ne peut l'être?
Ces mots, je ne les ai jamais dit à quelqu'un d'autre avant toi.
Bien malgré moi, et en dépit de tout ce que j'avais pu dire autrefois, je n'ai pas eu la force de te laisser derrière moi.
Pourquoi? Parce que je t'aimais trop pour ça.
Alors que, les mois passant, nous essayions de rebâtir notre frêle château de cartes, je t'ai vue changer petit à petit, t'éloignant ainsi de celle que j'avais tant aimée.
Tu n'étais plus féminine, mais bien l'inverse.
Tu te comportais comme un homme, dans ta démarche, dans ta gestuelle, dans ta manière de parler, je ne te reconnaissais plus.
Alors en ce début d'année 2006, je t'ai fait part de ce que je ressentais depuis quelques semaines.
Je t'ai dit que je ne voulais pas que tu changes pour moi, que je ne voulais pas que tu portes un masque si tu venais de te trouver..
Mais je t'ai aussi dit que je ne pouvais pas rester avec toi si tu n'étais plus celle que j'avais aimée au premier jour, celle que j'avais embrassée pour la première fois dans ces marches de la Gare du Nord un vendredi soir..
Et là, j'ai compris que.. que tout allait se compliquer.
Lorsque tu as commencé à me menacer de mettre un terme à ta vie. T'écriant que je ne comprenais rien, que tu n'étais pas toi-même et que tu allais changer.
De mon côté, je n'avais de cesse de te dire que je ne voulais pas que tu changes pour moi.
En d'autres termes : dialogue de sourds, autant parler avec un mur.
Depuis ce jour, les disputes ont fait leur apparition et même si tu ne t'en rends pas toujours compte, notre couple a perdu quelque chose qu'il ne retrouvera jamais..
Je n'ai plus confiance en toi et j'ai peur de toi, de tes réactions, de ce dont tu es capable.
Alors hier, nous avons longuement discuté, parlé de ce passé que nous avons en commun, de ces premières fois que nous avons connues ensemble, de cette histoire que nous avons bâtie tant bien que mal.
Toi qui n'es jamais sortie avec une fille avant moi, tu as parlé de moi à ta mère récemment.
La réaction n'était pas à la hauteur de tes espérances, mais la déception et la tristesse, elles, étaient bien au rendez-vous.
Comment calmer tes pleurs, te réconforter?
En te quittant alors que ta mère est sur le point de te renier?
Bref, aujourd'hui, parce que mine de rien, j'aurai toujours ce petit truc en moi pour toi, je ne peux pas dire que je ne t'ai jamais aimée, bien au contraire : je t'ai tout donné. Peut-être n'as-tu pas su en prendre soin.
Ui, cher journal, aujourd'hui encore, lorsque je l'entends rire, je me surprends à sourire.
Je me moque toujours d'elle quand elle invente des mots ou refuse de me faire un bisou mais quelque chose a bel et bien disparu.
Depuis tout ça, j'ai appris, de mon côté, à m'éloigner de toi.
Alors voilà, il y a deux ans de cela que nos lèvres se sont touchées pour la première fois, aujourd'hui, rien n'est plus pareil.
Je me fiche de savoir si tu trouves ma réaction normale, mais j'ai fait ce que j'ai pu, cependant, il est des choses que je ne peux effacer.
Cher journal, adieu.
PS : j'en appelle à la population d'Île de France, si vous connaissez quelqu'un qui serait prêt à accueillir une toute petite boule de poils mimi comme pas possible, née le 24 mai 2006, propre, tigrée, seuvrée et joueuse.. faites-moi signe! A l'aiiiiide! (appart', maison avec ou sans jardin, tout ce que je demande, c'est qu'elle soit chouchoutée ^_^)
Photos ou visio à la cam sur MSN si intéressé(e) :)